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Samedi, 25 Septembre 2010 14:59 |
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Même si le marché du jeu vidéo est réputé en récession, il est clair que, ces derniers temps, Bigben a maintenu plutôt très correctement son activité et a bien préservé ses différents ratios financiers.
Secteur oblige, la société clôture ses exercices fiscaux en Mars. A 03/10 donc, seulement -5% en CA et un résultat net somme toute intéressant à 12M euros. La force du groupe réside toujours dans son activité « Accessoires » (plus de 62% du CA) et là , on peut noter un Q1 2010/2011 en net rebond (+12,8%) par rapport à l’an passé. Bon indicateur pour l’année à venir ? Nous le pensons. Au plan opérationnel, la société maîtrise en tout cas parfaitement ses schémas logistiques (le véritable coeur de son métier) et enregistre une excellente progression de ses activités d’Edition : +68% par rapport au précédent exercice (notamment grâce au succès rencontré par la diffusion de ses packs groupés « jeux + accessoires »). Une faiblesse toujours : environ la moitié du CA vient de France (même si ça diminue un peu cette année à 47%). A noter qu’en cette période post-crise où les créateurs et auteurs de jeux cherchent avant tout à boucler les fins de mois, l’acquisition des droits et la réalisation des jeux ne coûtent pas cher du tout à Bigben. Ceux-ci sont donc amortis sur un nombre d’exemplaires qui n’a jamais été aussi bas et, comparativement à d’autres dans ce métier de l’édition, Bigben bénéficie d’un atout non négligeable : sa position dominante sur l’accessoire matériel « sympa à utiliser avec le jeu …» : exemple carabine pour les jeux de chasse, canne à pêche, pétanque, vélo d’appartement etc… une véritable spécialité maison. Donc plutôt pas mal. Pas tant de concurrence que ça sur ce versant là du business si l’on examine très concrètement les choses … D’autre part, et au plan global cette fois, l’enseignement de la dernière crise au regard du secteur « Jeux Vidéos » (et cela vaut également pour les autres acteurs cotés qui y officient) est que l’aspect cyclique (renouvellement des consoles en l’occurrence) l’emporte très largement sur la conjoncture économique globale. En clair, le marché a aussi – et même surtout – baissé parce que la Wii (et pas seulement elle d’ailleurs, PSP et DS sont aussi en fin de cycle) commence à sérieusement décliner, et beaucoup moins que l’on pense parce que les gamins ne se font plus offrir de cadeaux de loisir multimédia à Noël faute de rentrées suffisantes sur le compte en banque des parents. On notera aussi que la société fait dans l’accessoire pour iPhone, marché où sa position et son savoir-faire lui permettent de rentrer des marges plutôt conséquentes et assez faciles à matérialiser. Tant que l’on parle d’Apple, notons que Bigben produit naturellement des applications iPhone qu’elle amortit très vite (2 mois…) et travaille également activement (quoique prudemment…) sur l’iPad et son potentiel supposé dans le domaine ludique.
La Tréso de Bigben tourne – selon les trimestres – autour de 15M euros et notons au passage que le gearing est tout de même à près de 25%. Avec plus de 43M euros de capitaux propres pour une cote d’environ 100M euros c’est correct et puis c’est une valo à 7 fois le Résultat Opérationnel, ce qui colle aussi. En clair, ça nous semble être le bon prix (voire un petit peu en dessous) sur les derniers chiffres Q1 2010-2011communiqués.
Nous pensons donc qu’à ce seul titre – et sans en espérer des fortunes – la société constitue une bonne opportunité d’entrée en stratégie cyclique du secteur avec toutes les sécurités bilantielles que l’on est en droit d’attendre d’un bon placement à moyen-long terme, ... et pas seulement à ce titre d’ailleurs : en effet, le Président M. Alain Falc, ingénieur de formation, et malgré un look un peu improbable, est rigoureux, compétent et plutôt humble (il a beaucoup appris du passé quant à l’importance d’un vrai suivi analytique : c.f. crash du business UK par le passé). Falc a tout de même au passage recueilli le franchissement de seuil de Bolloré durant cette année fiscale sans aucun effort proactif de sa part autre que sa bonne gestion (investissements réalisés pour le fils Bolloré qui, comme pratiquement tous les fils de papas « fondateurs » aux tentations dynastiques, aime particulièrement les TIC … celui-ci siège maintenant au conseil de Bigben). A ce jour, Bolloré détient plus de 15% de la société.
Pour revenir très rapidement sur le futur opérationnel, et pour ceux qui seraient intéressés par un rating « terrain » en ce qui concerne l’achat d’une console pour le fiston, disons que la « 3 DS », prévue pour une commercialisation au 4ième trimestre 2010-2011, est jugée « fantastique » et constituera un axe de développement prioritaire de Bigben qui par contre, en structure très pragmatique qu’elle est, prévoit de faire « zéro » créations sur la Wii durant le prochain exercice (attendant par là -même l’annonce de son remplacement par Nintendo pour fin 2011 ?).
Signalons pour terminer que sur l’exercice 2010-2011, la société anticipe une croissance organique qui devrait lui faire passer le cap (important) des 100M euros de CA tout en maintenant une rentabilité opérationnelle supérieure à 15%. Au plan du marché, la société est bien suivie (5 analystes), les résultats semestriels étant pour le 16 novembre prochain (le Q2 pour le 26 octobre), on recommandera de rentrer avant, surtout si les marchés restent aussi peureux qu’en ce moment.
Didier Nouzies |
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